DE LÉON
sait contre son fils une animosité que rien n’avait
pu vaincre et qui se fit jour jusque dans son tes-
tament. Vainement, en 1204, à la mort du fils
qu’il avait eu de sa première femme, Thérèse de Portugal, il avait lui-même fait reconnaître par les États de son royaume les droits de Ferdinand
au trône de Léon; vainement il avait fait approu-
ver cette résolution par le pape Innocent IT;
vainement aussi, en 1218, après l’avènement de Ferdinand au trône de Castille, le pape Honorius III avait confirmé les droits du jeune prince à celui de Léon : le testament du monarque défunt tenait pour non avenus des actes si solennels et si décisifs; il instituait héritières du royaume Sancie et Dulcie, les deux filles qu’Alphonse avait eues de son premier mariage. Deux partis se formèrent aussitôt dans le Léon; les évèques, regardant, et à juste ütre, le testament comme illégal, déclarèrent qu'ils étaient liés par le serment de fidélité qu’Alphonse lui-même leur avait fait prêter à Ferdinand en 1204, et qu’en conséquence ils reconnaissaient ce prince comme le roi; mais lesinfantes rallièrent à leur cause les chevaliers de Saint-Jacques, ainsi que la noblesse
des provinces de Galice et des Asturies. Le comte
« | ne.
NE de L% os "
Diégo Diaz, gouverneur de la ville de Léon, se
prononça également pour elles et fit occuper par : ses hommes l’église et la tour de Saint-Isidore, | tandis que l’évêque garnissait sa cathédrale de 4 troupes bien décidées à soutenir les droits de Ferdinand. Ainsi la guerre civile était sur le point … d’ensanglanter la capitale; mais, raconte Luc de
Tuy, don Diégo Diaz fut atteint tout à coup d’une
maladie si violente, que les yeux paraissaient lui
sortir de la tête; « il criait, ou je ne sais qui
criait en lui, que saint Isidore, protecteur du roi
Ferdinand, voulait le tuer, parce qu’il s’était
emparé de sa tour et de son église ». C’était tout
simplement le remords de son usurpation sacrilège qui lui donnait une fièvre ardente; il céda
aux conseils de sa mère, la comtesse Sancie,
rendit à l'abbé du monastère de Saint-Isidore
l’église et la tour, lui fit en outre présent d’une
indemnité pour le préjudice qu’il lui avait causé,
et recouvrant ainsi la paix de sa conscience, il
se trouva du même coup parfaitement guéri. Il
quitta Léon, et la ville rentra dans le calme et la
sécurité.
Cependant Bérengère mandait à son fils de se
hâter de la rejoindre et de pénétrer avec elle en
” PERS AUS more ; E
GO A Re EE e LE D d LTÉE ee FERDINAND, ROI DE LÉON. GI.
Léon. Le roi de Castille, qui s’était déjà mis en
route, accéléra sa marche, rencontra sa mère à è Orcaja et se dirigea avec elle sur Toro, la place 3 du Léon la plus rapprochée de la Castille. Une | députation de la noblesse de cette ville se porta au-devant de lui, le rencontra à Villalar, le salua | pour roi et lui demanda de faire dès le lendemain son entrée dans Toro. Ferdinand ne manqua pas de déférer à ce vœu, et fut accueilli dans Toro
par des acclamations unanimes. Partout ailleurs,
ee Dh) der ME Me
les esprits, à l’exception du clergé, étaient beau-
coup moins bien disposés à son égard : la réunion