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du Léon à la Castille déplaisait à presque tous,
dit l’archevêque Rodrigue; la fierté des habitants
me
rant que son intention n’était nullement de sup-
ne pouvait admettre que le plus ancien des 128 ÿ royaumes chrétiens de la péninsule cessät d’exis- 14 ! ter au profit d’un État de date beaucoup plus <#e8 ; récente. Cependant les évêques aflirmaient hautement les droits de Ferdinand, et celui-ci, de :
. son côté, se conciliait les habitants, en les assu- ? ;
primer l'indépendance du Léon, mais qu’il était au contraire entièrement décidé à maintenir la vie propre et le titre de ce royaume. Les exhor- 2
tations des évêques et les déclarations du prince
portèrent leurs fruits. Ferdinand vit les places de Majorga et de Mausilla se soumettre à lui sur son passage; il fit ensuite son entrée dans la capitale, sans rencontrer d’obstacle; à la cathédrale, où il se rendit directement, le clergé et le Ho peuple proclamèrent son avènement et chantèrent un 7e Deum en action de grâces. ‘4
Mais les provinces du nord restaient en armes, prêtes à défendre la cause des infantes; l’entourage de Ferdinand le pressait de s’y transporter … sans délai et, l’épée à la main, de les ranger sous son autorité; le roi répugnait à user de ce moyen; sa mère, qui ne craignit rien tant, dit l’archevêque Rodrigue, que la dévastation du royaume et du pauvre peuple, se chargea de négocier la renonciation des infantes. La mère des deux princesses, Thérèse de Portugal, venait précisément, de son monastère de Lorvan, d’écrire à Bérengère pour lui demander une entrevue, afin d’y régler amiablement avec elle le sort de ses filles; Bérengère lui donna rendez-vous à Valencia, petite ville du Portugal, sur la frontière de la Galice. Nous avons déjà dit quelle était la sainteté de celle qui avait été la première femme
d’Alphonse de Léon : la droiture et la bonne foi
ren formaient nécessairement un des mérites.
Aussi Thérèse reconnut-elle sans difficulté la lé-
gitimité des droits de Ferdinand et s’engageat-elle à obtenir de ses filles que celles-cifissentleur
soumission à ce prince et lui rendissent toutes les
places qu’elles détenaient elles-mêmes, ou lui
fissent rendre toutes celles qui étaient détenues
en leur nom; mais en même temps Thérèse, et,
en agissant ainsi, elle remplissait son devoir de
mère, demanda et obtint pour les infantes une
pension annuelle et viagère de trente mille pièces d’or. Comment ne pas admirer la grandeur
‘âme d’une princesse qui, après s'être vue contrainte de descendre du trône sans l’avoir mérité, empêchait, par esprit de justice, ses filles de chercher à y monter et les obligeait à s’incliner devant le fils de celle qu’elle aurait eu sujet de ne regarder que comme une rivale? L’abnégation toute chrétienne de Thérèse de Portugal
a été une des sources de l'unité de l'Espagne. Ferdinand était resté à Léon; Bérengère lui
annonça le succès de sa démarche: il s'empressa