‹ Saint Ferdinand IIIChapitre 33 sur 64 · DE CORDOUE · texte numérisé non relu

DE CORDOUE

Ferdinand consacra trois années à pacifier le Léon et à le doter d’une bonne administration ; durant cetemps, les musulmans d’Espagne furent en proie à des dissensions de plus en plus graves. La tyrannie des Almohades avait fini par soulever contre eux l’animosité générale, Un descendant de la famille des Béni-Houd, anciens rois de Saragosse, Abou Abdallah Mohammed Ben Yusuf, s'était, nous l’avons dit, présenté comme le libérateur des Maures et comme le restaurateur du véritable islamisme. Après s’être emparé de Murcie, il s'était fait proclamer émir sous le nom d'Almotawakkel Ale Allah. Il prêchait la guerre

sainte contre les Almohades qui, disait-il, étaient

des hérétiques, et faisait purifier solennellement les mosquées que leurs prêtres avaient, selon lui, profanées. Se déclarant le vassal des califes de Bagdad, il s’habillait de noir et voulait que ses lieutenants fussent revêtus de la même couleur, parce qu’elle était celle de ces monarques. En peu de temps il était maître de Cordoue, de Mérida, de Grenade et de Badajoz, mais cette dernière place ne tardait pas, nous le savons, à lui être enlevée par Alphonse de Léon. Son dessein était de détrôner le calife de Maroc, Almamun; celui-ci, se voyant ainsi menacé, n’hésita pas à implorer le secours de Ferdinand; le roi de Castille lui envoya douze mille hommes, mais obtint en échange la permission de faire bâtir une église chrétienne à Maroc et le droit pour les chrétiens de l'Espagne musulmane de se servir de cloches. Almamun était le frère de Zeit Abou Zeit, le souverain de Valence, dont nous avons raconté la chute et la conversion. Toute l'Espagne musulmane, à l’exception de Séville, échappait aux Almohades; le Maroc luimême était, au même moment, disputé à Almamun par un compétiteur, Jahia Annasir; Al-

mamun mourut le 16 octobre 1232 ; un de ses

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