GUERRES DE FERDINAND CONTRE LES MAURES
frères, Abou Hasen Ali, fut élu à sa place calife
de Maroc, mais, sans cesse en butte aux attaques des Zeyanides (Béni-Zeyan) et des Mérinides (Béni-Mérin), il fut vaincu et tué (1248) dans un combat qu'il soutenait contre eux, et, en 1269, la dynastie des Almohades, renversée par les Mérinides, s’éteignait dans la personne de son quatorzième prince, Edris Abou Dibus.
Le 31 décembre 1229, Jaime I avait pris d’assaut la ville de Palma, capitale de l’île de Majorque ; la soumission des îles Baléares, qui demanda plusieurs années, fut définitivement achevée en 1235.
Le vieux Sanche VII, roi de Navarre, avait vu avec un vif déplaisir le roi de Castille monter sur le trône de Léon; renfermé dans ses montagnes depuis la bataille de las Navas de Tolosa, il sortit de sa retraite pour s’allier avec le roi d’Aragon contre Ferdinand III. Par le traité de Tudela (1231), les deux souverains s’instituèrent mutuellement pour héritiers de leurs États, au détriment, Jaime, de son fils Alphonse, né de son mariage avec Éléonore de Castille, Sanche, de son neveu Thibaut, comte de Champagne ; ils
convinrent en même temps de déclarer de con-
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cert la guerre à Ferdinand. Mais, dès l’année suivante, Jaime I‘ déclarait son fils Alphonse héritier de tous ses États, et rompait le traité qu’il avait conclu avec Sanche. À la mort du roi de Navarre (7 avril 1234), il n’en manifesta pas moins l'intention de succéder à ce prince; le pape Grégoire IX lui adressa des remontrances, et, soit qu'il en fût touché, soit qu’il jugeât plus sûr et plus avantageux de poursuivre ses entreprises contre les Maures, il renonça à ses prétentions. | Les États de Navarre reconnurent Thibaut de Champagne comme roi. * Ferdinand n’avait témoigné aucun ressentiment de l’attitude que Sanche VIT et Jaime I“ avaient À prise à son égard; tout son désir était de recom-
mencer la lutte contre les ennemis du nom chré-
tien. Les Maures étaient rentrés dans Quesada, ‘à la première conquête qu’il avait faite sur eux; il 5 donna cette place à son chancelier Rodrigue et aux prélats qui succéderaient à ce dernier surle
siège de Tolède, à la condition qu'ils la tien-
draient constamment en état de défense. Il céda de même, par la suite, aux ordres militaires, un assez grand nombre de villes qu'il prit aux mu-
sulmans, ce qui était le moyen le plus certain et
vu
on peut ajouter : le moins dispendieux d’en as
surer la conservation.
En 1233, il fit envahir le territoire de Cordoue par une armée nombreuse, commandée par son frère Alphonse et par le brave Alvaro Pérez de Castro. Le rendez-vous général avait été fixé à Andujar; on suivit le cours du Guadalquivir; la ville de Palma, qui essaya de résister, fut emportée d'assaut; l'on ravagea tout le territoire de Séville, et l’on descendit jusqu'aux portes de Xérès, sur les bords du Guadalété, où Tarik avait anéanti jadis la monarchie visigothe. Devant ce péril imprévu, Mohammed Ben Houd renonca brusquement à achever d’asseoir sa domination sur l’Andalousie, et il appela tous les musulmans à la guerre sainte contre l’envahisseur. Des Maures débarquèrent d'Afrique, dans l'espoir de gagner les palmes du martyre. Les chrétiens étaient quinze cents à peine ; quand Ben-Houd s’aperçut du petit nombre de ses adversaires, il ne douta pas de la victoire et donna l’ordre de préparer des liens pour attacher ceux qui seraient faits prisonniers. Il prit néanmoins les plus sérieuses dispositions de combat et partagea son armée en
sept corps, dont chacun comptait plus d'hommes
que l’armée castillane toutentière. Celle-ci, outre l’infériorité du nombre, avait celle de la position ; elle était adossée au Guadalété et à la mer, qui lui coupaient toute retraite. Alvaro Pérez avait fait trancher la tête à cinq cents captifs, qui auraient pu rompre leurs fers pendant la bataille et prendre à revers sa petite armée. Il se confessa et communia, et ses soldats imitèrent son exemple ; il les exhorta à combattre en désespérés : « Vous avez, leur dit-il, la mer derrière vous, l'ennemi en face de vous; il n’y a de salut pour vous que dans le ciel; préparezvous à mourir en vendant chèrement votre vie. », La confiance brillait néanmoins dans ses yeux; et, afin de montrer qu’il comptait entièrement et uniquement sur la Providence, au moment d'engager l’action, il ne revêtit qu’une tunique et prit à la main, au lieu d’une épée, une simple baguette.
Il commandait l’avant-garde, et l’infant Alphonse l’arrière-garde. Quand le signal eut été donné de part et d’autre, les chrétiens subirent d’abord le choc de la cavalerie musulmane, sans laisser rompre leurs lignes; puis, au cri de Saint
Jacques et Castille, ils fondirent sur les ennemis
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