ÉVÉNEMENTS DIVERS
La mort de Mohammed Ben Houd avait été le signal de grands changements dans toutle midi de l'Espagne. Le perfide Abd-er-Rahman, auteur de
cet événement, s'était empressé de livrer Alméria
au prince de Jaën et d’Arjona, Mohammed Ben
Naser Ben Alahmar; ce dernier réussit en outre à s'emparer de Grenade, qui avait été le centre de la puissance du Motawakkel ; Malaga et d’autres villes de l’Andalousie reconnurent aussi sa domination, Séville et Xérès s’érigèrent en États indépendants, tandis qu’un frère de Mohammed Ben Houd, Ali Ben Yusuf Adeddaula, se faisait proclamer émir à Murcie (1238). Mais Ali, peu
de temps après, était décapité par Abou Dscho- SAINT FERDINAND IN, %.
à a FECT y A Ce S 2
le
mail Ben Moudaf, et la province de Murcie tombait en proie à l'anarchie. Profitant de ces désordres, Mohammed Ben Alahmar se proclama le défenseur suprême de l’islamisme dans la pé-
ninsule, chercha à rallier sous ses étendards tous les musulmans et appela les croyants à la guerre sainte.
Durant ce temps, la disette se faisait sentir à Cordoue : la campagne environnante n'avait pas été cultivée par les nouveaux habitants de cette ville, qui s'étaient laissés aller à la douceur de vivre dans une cité riche et prospère, mise à leur libre disposition, sans réfléchir que cette félicité trouverait vite un terme, si elle n’était entretenue par le travail. Ferdinand avait passé à Tolède la fin de l’année 1237; il y était encore au commencement de l’année 1238, et ce fut là qu'il
3 apprit l'extrémité fâcheuse à laquelle la populads tion de Cordoue se voyait réduite par sa propre ; 4 faute ; espérant que cette détresse lui serait É: pour l’avenir une leçon efficace, et jugeant d’ailleurs que le devoir d’un prince est de secourir … me. ses sujets malheureux, quels que puissent être | | 54 leurs torts, il se hâta d’envoyer à Cordoue des
vivres en abondance et cinquante mille maravédis