‹ Saint Ferdinand IIIChapitre 39 sur 64 · BARS ENTRER · texte numérisé non relu

BARS ENTRER

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pue partit lui-même pour Cordoue, tant afin de pourvoir à la subsistance de cette ville qu’afin d’en compléter la conquête en soumettant d’autres villes secondaires de la région. A son arrivée, son premier soin fut d'appeler et d'installer, dans la campagne environnante, des colons chrétiens, qui remissent les terres en culture et rendissent le pays aussi fécond et aussi prospère qu’il l'avait été du temps des Maures. Il fit ensuite réparer et augmenter les fortifications de Cordoue; en même temps, par des négociations ou par la force, il rangea sous sa domination vingt-quatre places, parmi lesquelles Ecija, Almodovar, Retefilla et Moron.

Cette dernière se rendit d'elle-même, dans des circonstances qui méritent d’être signalées. Un chevalier, nommé Meledon, qui était le neveu de Lorenzo Suarez, s'était emparé d’une tour, dite Magazamura, qui se trouvait plantée au milieu d’un vignoble, à un quart de lieue de la ville; embusqué dans cette forteresse, il en sortait chaque jour pour ravager les terres avoisinantes, | et il inspirait à toute la contrée une terreur telle que les mères, dit la Chronique, se servaient de

son nom pour faire taire les enfants quicriaient.

Les habitants, excédés par ces dévastations, n'o- je sant plus sortir de chez eux pour cultiver leurs = champs et se ravitailler, prirent le parti d'offrir à | Ferdinand de se soumettre à lui, à la condition qu'ils auraient la vie sauve et que leurs biens leur ne seraient laissés. Le roi accepta la proposition, et Moron, en passant sous son autorité, recouvra Ja sécurité. La loyauté du monarque castillan ins- Re pirait à ses ennemis une si grande confiance, que beaucoup d’entre eux commencalent à sOu-. haiter de devenir ses sujets, plutôt que de de- i£ meurer dans l’état d’anarchie où les rivalités des 1308 chefs mahométans plongeaient alors l'Espagne musulmane.

Quelques difficultés intérieures marquèrent l’année 1239. Lope de Haro, dont le concours avait été si utile à Ferdinand lors de son avènement au trône de Castille, était mort à peu près en même ‘1 temps qu'Alvaro Pérès de Castro, laissant un fils 3 dont la fidélité était loin d’égaler la sienne. Ce RE fils, Diaz Lope de Haro, seigneur de Biscaye, : n'ayant pas obtenu les gouvernements dont son &père était investi, renouvela les attentats desno- ; | bles, qui avaient troublé le règne d’Alphonse de 4

Léon etles débuts de ceux de Ferdinand, et que 4

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ce dernier croyait avoir fait définitivement cesser. Il prit les armes et marcha contre son souverain, suivi de ses vassaux. Ferdinand venait de rentrer à Burgos, lorsqu'il apprit cette révolte ; il s’élança aussitôt au-devant des rebelles, qui firent volte-face à l'approche de l’armée royale; sans chercher à les atteindre, il s'empara des châteaux de Diaz et les démolit; puis il revint à Burgos, en donnant l’ordre à son fils aîné, l’infant Alphonse, de poursuivre les fugitifs à la tête d’un

corps de troupes. Diaz se retrancha dans les montagnes de Biscaye, puis il entra en pourparlers avec le prince, qu'il supplia de demander sa grâce. Alphonse consentit à se charger de cette mission, et réussit à cbtenir le pardon du coupable. Celui-ci vint trouver le roi à Burgos, lui fit sa soumission, le suivit à Valladolid, mais bientôt après, profitant d’un voyage que Ferdinand faisait à Olmedo, retourna en Biscaye et se mit de nouveau en état de révolte. Le roi, pour la seconde fois, envoya contre lui l’infant Alphonse, et Diaz, se voyant sur le point d’être pris, vintse Jeter aux pieds de Ferdinand, en implorant son pardon. Il fut exaucé encore, et son repentir pa-

raissant sincère, le roi lui rendit ses domaines

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