‹ Saint Ferdinand IIIChapitre 40 sur 64 · PRE PO TR EE TES · texte numérisé non relu

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et lui accorda même le gouvernement d’Alcaraz. Sa fidélité fut désormais invariable.

La clémence réussissait à Ferdinand, parce qu’elle lui conciliait des âmes fières et indomptables, mais nobles et généreuses : il avait donc raison d’en user. La justice est une vertu, et la première des vertus sociales; la clémence n’en est pas une, ni la sévérité non plus. Un acte de clémence est louable, quand il est de nature à profiter au bien général, qui est le but humain et pratique auquel tend la vertu de justice; une mesure de sévérité est louable, quand elle assure le même résultat. Le devoir essentiel d’un prince, en tant que prince, est de faire tout ce qui dépend de lui pour accroître le bien général ; la vertu de justice consiste donc pour lui, non seulement à rendre ou à faire rendre à chacun ce qui lui est dû, mais en outre à chercher avec soin dans quels cas et dans quelles proportions il importe au bien public qu'il se montre sévère ou clément; le caractère des différents peuples, les temps et les circonstances doivent nécessairement être pris en considération; quant à l’histoire, elle ne peut elle-même apprécier saine-

ment le mérite d’un acte de clémence ou d’un 7e

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SAINT FERDINAND Ill.

acte de sévérité, sans examiner préalablement si l’auteur de cet acte s’est proposé pour but l'intérêt de tous plutôt que son intérêt personnel ; le discernement dont le prince a fait preuve entrera en ligne de compte, parce qu'il témoigne du degré d’application que le prince apportait à l'exercice de ses fonctions, du soin qu’il met- tait à développer ses lumières naturelles, beaucoup plus encore que de l’intensité de celles-ci. Un examen de ce genre est singulièrement favorable à Ferdinand III; il permet de constater que ce monarque pratiquait, pour parler le langage des théologiens, avec le même zèle que la vertu cardinale de justice, la vertu cardinale de prudence, c’est-à-dire la vertu qui consiste à s’éclairer sans cesse et de plus en plus sur ses devoirs, afin d’éviter tout mal et d’accomplir toute espèce de bien.

Après le départ de Béatrix pour l'Espagne, l’empereur Frédéric Il, roi de Sicile depuis l’année 1197, s’était mis en possession des biens qui avaient appartenu à l’empereur Philippe de

Souabe, son oncle; ce prince n’avait laissé que

des filles : Béatrix était l’ainée d’entre elles, et

à ce titre, elle avait qualité pour recueillir l’héri-

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NOUVELLES CON tage de la branche cadette des Hohenstaufen,

Elle en demanda à son cousin la restitution,

sans l’obtenir; avant de mourir, elle investit de

ses droits son second fils, Frédéric. Ferdinand, devenu veuf, adressa à l’empereur, au nom de l’infant, de nouvelles réclamations, qui demeurèrent pareillement vaines; il sollicita l'appui du pape Grégoire IX, et ce dernier se fit auprès de Frédéric IT l'interprète des revendications du jeune prince espagnol. Troublé par cette intervention du pontife suprême, Frédéric promit de mettre le fils de Béatrix en possession de l’héritage de sa mère, aussitôt que celui-ci serait

venu le trouver lui-même, pour en recevoir de

lui l'investiture. Cette condition parut légitime à

Ferdinand, qui, à la fin de l’année 1239 ou au commencement de l’année 1240, fit partir son fils pour le royaume de Naples, séjour habituel de l’empereur. L’infant était parfaitement décidé à s'établir en Allemagne, au milieu des domaines de son aïeul maternel, et en prenant ce parti il ne faisait qu'obéir au vœu que lui en avait exprimé sa mère avant de rendre le dernier soupir. Mais Frédéric IT n'avait cherché qu’à

gagner du temps; en guerre ouverte avec le

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