QUÊTES DE FERDINAND
Saint-Siège depuis l’année 1238, il ne tenait nécessairement plus aucun compte des instances du pape, et le protégé de Grégoire IX devait avoir auprès de lui peu de crédit. L’infant le rejoignit a Foggia, mais son voyage et ses réclamations furent inutiles; il revint en Espagne, sans s'être fait rendre justice, après que Fré- déric IT eut été excommunié au concile de Lyon (1145), et il prit part aux opérations du siège de Séville.
Le Pape, de son côté, venait de solliciter le concours de Ferdinand dans la lutte où il se trouvait engagé contre l’empereur. Les causes de cette lutte étaient d’ordre politique plutôt que d'ordre religieux : Frédéric menaçait la liberté des républiques lombardes et violait les droits du Saint-Siège sur l'ile de Sardaigne; le sort de l'Italie était en jeu, non le sort de la chrétienté. Le roi de Castille, nous le savons, s'était fait une règle de n’intervenir dans aucune des querelles qui pouvaient diviser les monarques de son temps; en observant ainsi une neutralité constante dans les guerres qui désolaient son siècle, il ne faisait, d’ailleurs, qu'obéir aux ins-
tructions réitérées des prédécesseurs de Gré-