Le P. de Ligny, op. citat., p
re Lans De SAINT FERDINAND IL
moitié du tribut que la ville acquittait à l’émiral-moumenin d'Afrique; ils demandaient, en retour, que le roi de Castille permit aux habitants de demeurer dans la ville. Ferdinand répondit qu’il ne traiterait qu'avec le commandant en chef; ce dernier, menacé de mort par ses concitoyens s'il différait davantage, se décida à entamer des négociations, qui aboutirent à la conclusion du traité suivant : Séville se donnait au roi de Castille en toute souveraineté; ses habitants avaient le droit de rester chez eux, en conservant leur liberté et leurs biens et en n'étant assujettis à aucune taxe extraordinaire; ils pouvaient au contraire, s'ils le préféraient, vendre leurs biens et s’expatrier; un délai d’un mois était accordé à ceux qui voudraient user de cette faculté; des bêtes de somme et des voitures seraient fournies à ceux qui émigreraient en Espagne, des galères à ceux qui passeraient en Afrique. Enfin, le vali recevait la permission de demeurer à Séville, et une forte pension lui était assignée pour son entretien.
Ce fut le 23 novembre 1248 que l’on arrêta
définitivement les termes de cette capitulation à
de la place et de lui payer annuellement la.
t . L2 L LA « LL L jamais mémorable, qui rendait à la religion du
Christ, après un intervalle de cinq cent trentesept ans, la ville la plus illustre des premiers âges de l'Espagne chrétienne. Le jour même, le vali remit à Ferdinand les clefs de la cité; puis, se refusant à profiter des avantages que le traité lui assurait, il quitta en toute hâte et pour toujours la place qu’il n’avait pas su conserver à l'Islam ; quelques heures plus tard, il s'embarquait pour Ceuta, dans le dessein d’aider l’émir du Maroc, le prince almohade Omar Ben Abou Ibrahim Ischak, son parent, à se défendre contre les Béni- Mérin. Les Chroniques racontent que, lorsqu'il s’éloignait de Séville, au moment où cette cité allait disparaître de sa vue, il jeta sur elle un dernier regard et s’écria en pleurant : « O ville si grande, si forte, si peuplée, et qui fus défendue avec tant de courage et de constance, seul un véritable saint a pu faire de toi sa conquête. »
Trois cent mille Maures quittèrent leurs foyers, escortés par le grand-maître et les chevaliers de Calatrava; parmi eux, un certain nombre se retirèrent à Xérès, d’autres à Niébla, d’autres encore en Afrique, mais la plupart trouvèrent un asile dans l’État de Grenade.
Le À