‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 117 sur 347 · CHAPITRE VIII. UJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. UJ

d'augmenter encore la vénéra lion qu'ils avaient pour leur saint fondateur. Dans la première, il vit le front du saint marqué du signe Tau, figure biblique de la Croix (1). Dans la seconde, Dieu lui dit en lui montrant, au milieu des splendeurs du ciel, un trône étincelant d'or et de pierreries : « Ce trône qui fait ton admiration et qu'un ange a perdu par sa révolte, est destiné à l'humble François d'Assise. » Le lendemain, à l'heure de la récréation, Frère Pacifique dit familièrement au saint Patriarche : « Père, que pensez-vous de vous-même? — Je pense, répondit François, que je suis le plus misérable et le dernier des pécheurs. — Comment osez- vous le dire ou même le penser? répliqua le Frère. — Oui, s'écria François, je suis bien convaincu que si Nôtre-Seigneur avait accordé les mêmes grâces à toute autre personne, elle en aurait mieux profité que moi. » Et le Frère se retira, méditant en son cœur cet oracle de l'Évangile : « Quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé (2) . »

Vers la fin d'octobre de cette même année 1212, notre saint missionnaire franchit les Apennins au col Fiorito, et redescendit dans la vallée de Spolète. Le bruit de ses succès et de ses incomparables prodiges l'avait précédé dans sa patrie, et y avait opéré toute une révolution. Cette même ville d'Assise qui, six ans auparavant, l'avait poursuivi de ses huées,

1. Th. de Celano, Yita secunda , p. III, c. xux. — Bo.vavf.nt. . c. iv. — Barthélémy de Pise (Confor., liv. I, c. vi) ajoute que Pacifique eut cette vision dans l'église de Saint-Pierre de Bonario, près de Trévi.

Page 1