‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 122 sur 347 · CHAPITRE VIII. \lj · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. \lj

prière, s'étendit sur le cadavre, comme autrefois le prophète Elisée sur le fils de la Sunamite, le ressuscita et le rendit à sa mère en présence de la foule émerveillée.

La sainteté du glorieux Patriarche jetait dès lors un si vif éclat qu'on la voit constatée dans plusieurs monuments publics de cette époque. C'est ainsi qu'à Poggi-Bonzi, en Toscane, les magistrats dressèrent en sa faveur un acte de donation qui s'ouvre par ces mots : « Nous accordons à un homme, nommé François, que tout le monde vénère comme un saint, une maison pour qu'il y établisse des religieux de son Ordre, etc. (1). »

A Iniola, il reçut un accueil tout différent. Comme il demandait à l'évèque la permission de prêcher à son peuple : « Je prêche, répondit sèchement le prélat, et cela suffit. » L'humble missionnaire baissa la tète et se relira sans répliquer; mais une heure après, il revint se présenter devant l'évèque, qui, surpris de le revoir, lui demanda ce qu'il désirait encore. « Monseigneur, répliqua le saint, quand un père chasse son fils par une porte, il faut que le fils rentre par une autre. » Le prélat, vaincu par tant de confiance et d'humilité, lui dit en le serrant sur son cœur : « Désormais, toi et tes Frères, prêchez dans mon diocèse ("2). *

Si nos zélés missionnaires s'abandonnaient complètement aux soins de la Providence, celle-ci, en retour, leur prouva par maints prodiges avec quelle maternelle tendresse elle veillait sur eux. Dans un

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