Matth., vm. — 1. Wadding, t. I, p. 2.">J
évoques, plus de huit cents abbés et prieurs, ainsi que les ambassadeurs des empereurs et des rois chrétiens, les députés du comte deMontfort, le comte de Toulouse et son fils (1). Au-dessus de tous brillait l'imposante figure d'Innocent III, héritier du génie et continuateur des œuvres de Grégoire VII. Dans ces solennelles assises de la chrétienté, on traita toutes les questions dogmatiques de l'époque pour les résoudre ; on en sonda toutes les plaies pour les guérir. Le concile s'occupa de l'Orient pour enrayer les progrès de l'islamisme, réforma la discipline monastique et défendit de fonder de nouveaux Ordres religieux, de peur qu'une trop grande diversité de règles et de costumes n'apportât de la confusion dans l'Église. Cependant, par une faveur exceptionnelle, Innocent III dérogea tout de suite au dernier décret. Après avoir solennellement anathématisé les sectes des Vaudois, des Albigeois et leurs fauteurs, il leur opposa les deux milices providentielles que Dieu envoyait au secours de son Église, et déclara devant tous les Pères du Concile qu'il avait déjà approuvé de vive voix en 1209 et qu'il approuvait de nouveau l'Ordre et la règle des Frères-Mineurs. Il agréa de même l'Ordre des Frères-Prêcheurs, toutefois avec cette clause expresse que saint Dominique, leur fondateur, choisirait une des règles anciennes et l'adapterait à son Institut. Le Concile œcuménique n'avait duré que vingt jours; mais le Pape et le Concile avaient assez fait en assurant la régénération morale de l'avenir.