‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 134 sur 347 · CHAPITRE VIII. 17:j · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. 17:j

blait l'office des Frères, inondait fréquemment les terres riveraines et dévastait les moissons. François fit un signe de croix et lui commanda de s'apaiser : le torrent obéit à l'instant même ; ses eaux s'écoulèrent désormais sans bruit et sans plus se répandre dans la plaine. Depuis ce jour, le lit du torrent est à sec, investi d'une sorte de mission providentielle; car le saint Patriarche avait dit, en le montrant à ses disciples : « Lorsque l'eau du torrent s'écoulera par ce ravin, préparez- vous ; ce sera un signe que de grands malheurs fondront sur l'Italie. »

En l'année 1216, François ne séjourna pas longtemps dans les cavernes de l'Apennin. Il descendit bientôt à la Portioncule, où le poussaient comme malgré lui une main invisible et le désir chaque jour plus ardent de recueillir une plus ample moisson de grâces pour les pécheurs. Sa confiance était sans bornes, car il avait appris de la Reine des Anges elle-même qu'elle se plaisait à répandre ses dons dans ce sanctuaire (1). Il était loin pourtant de se douter des merveilles que Dieu lui préparait. Nous allons raconter ces merveilles , en prenant pour guides deux auteurs dont on ne peut suspecter ni la science ni la véracité, Théobald et Conrad, tous deux évcques d'Assise. Mais avantd'approcher du buisson ardent de la Portioncule, arrêtons-nous un instant et délions, comme Moïse, les courroies de nos chaussures, c'est-à-dire, élevons nos esprits, purifions nos cœurs; car la terre que nos pieds fouleront est

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