‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 138 sur 347 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

rêté à moitié route dans une léproserie pour y prendre un peu de repos, il eut une vision. A son réveil, il appela Masseo et lui dit : « Réjouissons-nous, mon Frère; car, je te l'affirme, l'indulgence que le Souverain Pontife vient de m'accorder est ratifiée au Ciel (4). .

Cependant le jour du grand pardon n'était point fixé. Le serviteur de Dieu attendait et priait plein de confiance; son espoir ne fut point déçu. Six mois après la première apparition, par une froide nuit d'hiver (2), il priait dans la cellule du jardin, à quelques pas du sanctuaire de Notre-Dame-des-Anges, et flagellait durement sa chair innocente. Le démon, qui veille sans cesse pour perdre les âmes, s'approche de lui sous la forme d'un Ange de lumière, et lui suggère cette pensée : « A quoi bon consumer ainsi ta jeunesse en veilles, en jeûnes et en prières ? Ne sais-tu pas que le sommeil est le grand réparateur du corps? Crois-moi, conserve tes jours, afin de servir Dieu plus longtemps. » François, découvrant la ruse de Satan, se précipite hors de sa cellule, ôte sa tunique, et, poussé par cette soif d'immolation qui est l'indice de la victoire et la meilleure moitié de l'amour, il se roule dans la neige et dans un buisson plein de ronces et d'épines, en disant à son corps ensanglanté : « Mieux vaut souffrir ces douleurs

1. Acta SS\, loc. cit., S 2. Jusqu'ici Conrad ne fait que reproduire, avec quelques détails supplémentaires sur la vision du Saint, la lettre de Théobald, son prédécesseur sur le siège d'Assise. (Ibid., § 1er). Mais ce qui suit ne se trouve pas dans le diplôme de Théobald.

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