CHAPITRE IX
déterminer le jour de l'indulgence plénière dont vous avez enrichi ce saint lieu. — Je veux que le pardon s'ouvre aux vêpres du 1er août (-1) et qu'il ne se ferme qu'aux vêpres' du lendemain. — Mais, Seigneur, comment les hommes ajouteront-ils foi à mes paroles? — Ne crains rien, va trouver de nouveau celui qui est mon Vicaire sur la terre, afin qu'il publie lui-même cette indulgence. — Mais Seigneur, quelle confiance votre Vicaire pourra-t-il avoir en un pauvre pécheur comme moi? — Prends avec toi quelques-uns de tes compagnons qui ont entendu ma voix, emporte quelques-unes de ces roses miraculeuses, et va; ma grâce fera le reste. * Dans ce mystérieux colloque entre le Créateur et sa créature, un don ineffable venait d'être fait à la terre ; les chœurs angéliques entonnèrent le Te Deum en actions de grâces, et la vision disparut.
Dès le lendemain, le Bienheureux partait pour Rome, accompagné des trois Frères qui avaient été témoins auriculaires du prodige : Pierre Cattani, Bernard de Quintavalle et Ange de Rieti. Introduit au palais de Latran devant le Pape et les cardinaux assemblés, il raconta naïvement sa merveilleuse vision, et présenta son bouquet de fleurs, trois roses blanches et trois roses rouges, comme un témoignage irrécusable de sa véracité. Honorius, considérant ces fleurs si belles, si fraîches, si parfumées (on était au cœur de l'hiver), et admirant plus encore la sainteté de François, accueillit favorablement sa requête. Il fixa la grande indulgence au 2 août, et manda aux