‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 160 sur 347 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

voie pour vous annoncer, à vous et à votre peuple, la bonne nouvelle de l'Évangile et les vérités du salut. » Aussitôt il se mit à lui expliquer les mystères de la religion catholique, et il le fit avec tant de force, qu'en lui se vérifiait une fois de plus cette promesse du divin Maître : « Je vous donnerai une éloquence et une sagesse auxquelles vos adversaires ne sauront ni résister, ni contredire 1). »

Le prince barbare était suspendu aux lèvres du saint et saisi d'une émotion dont il ne se rendait pas compte. Cette mâle intrépidité, ce dévouement surhumain dont le spectacle s'offrait pour la première fois à ses yeux, subjuguaient son âme et l'inclinaient à la clémence. Il écouta ainsi François pendant quelques jours, au grand étonnement de tous, et l'invita même à demeurer près de lui. « Si vous et votre peuple, répondit l'homme de Dieu, vous voulez vous convertir au Christ, je resterai volontiers parmi vous. Si vous balancez entre la loi chrétienne et la loi de Mahomet, faites allumer un grand feu; j'y entrerai avec vos prêtres, et vous jugerez par les effets de quel côté se trouve la vérité. — Je ne crois pas, répliqua Mélédin, qu'aucun de nos imans consente à affronter les flammes et les tourments pour la défense de sa foi. » Il parlait ainsi, parce qu'il avait remarqué qu'à la seule proposition de François, l'un d'eux, des plus âgés et des plus considérables, s'était prudemment esquivé.

Notre Bienheureux alla plus loin; il dit au Soudan : « Si vous me promettez, en votre nom et au

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