Luc, xi
nom de votre peuple, d'embrasser la.'religion catholique, j'entrerai seul dans le bûcher. Si les flammes me dévorent, vous l'imputerez à mes péchés ; mais si j'en sors sain et sauf, vous reconnaîtrez Jésus- Christ pour le seul vrai Dieu et pour le Sauveur des hommes. » — Le Soudan, faible comme le sont tous les despotes, et tremblant devant ceux qui tremblaient à ses pieds, n'osa pas accepter cette épreuve du feu, dans la crainte d'une sédition populaire. En revanche, il offrit au saint de riches présents ; mais il eut beau faire des instances, François, uniquement avide du salut des âmes, et ne voyant pas poindre dans le cœur du prince infidèle le désir de s'appliquer à la recherche de la vérité, repoussa d'un geste dédaigneux l'or et les étoffes précieuses. Mélédin, loin de s'offenser de ce refus, sut apprécier la noblesse d'un si parfait détachement, et sentit croître en lui le respect et l'admiration qu'il avait voués, dès la première entrevue, au serviteur de Dieu. Et après lui avoir dit en secret : « Priez pour moi, afin que le Très-Haut me fasse connaître quelle est la vraie religion, » il le fit reconduire avec honneur au camp des chrétiens (1).
François, voyant ses espérances brisées et ne sachant quelle ligne de conduite adopter, eut recours, selon son habitude, à la prière; et le Docteur séraphique, de qui nous tenons tous ces détails, ajoute que ce ne fut point en vain. Une vision céleste vint, en effet, lui apporter lumière, paix et consolation. Dans cette vision, le Fils de Dieu lui intima l'ordre