‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 162 sur 347 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

de retourner en Italie, en l'assurant que ce n'était point en Egypte, ni sous le tranchant du glaive, qu'il devait cueillir cette palme du martyre tant ambitionnée. En conséquence, le saint dit à son compagnon : » Sortons d'ici, mon Frère; fuyons, fuyons loin de ces barbares trop humains pour nous, puisque nous ne pouvons les obliger ni à adorer notre Maître, ni à nous persécuter, nous qui sommes ses serviteurs. 0 Dieu ! quand mériterons-nous le triomphe du martyre, si nous trouvons des honneurs, même parmi les peuples les plus infidèles? Puisque Dieu ne nous juge pas dignes de la gloire du martyre, ni de participer à ses glorieux opprobres, allons-nous-en, mon Frère ; allons achever notre vie dans le martyre de la pénitence, ou cherchons quelque endroit de la terre où nous puissions boire à longs traits l'ignominie delà Croix (1). »

Combien de temps passa-t-il sous la tente des Croisés ? Quelle fut l'étendue de son influence pour rétablir parmi eux l'esprit de concorde et de discipline ? Visita-t-il la Palestine à son retour d'Egypte? A ces trois questions, nous ne pouvons répondre que par des conjectures. Voici seulement ce que nous lisons dans un auteur du temps, aussi impartial que bien informé, Jacques de Vitry, évêque de Saint- Jean-d'Acre et légat du Saint-Siège auprès de l'armée chrétienne.

t Nous avons vu, écrit-il à ses amis de Lorraine au lendemain de la prise de Damiette (2), nous avons vu

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