Bosscet. Panégyrique de saint François
2. 5 novembre 1219. Voir J. de Vitry, Histoire Occid., liv. III, ann. 1219.
le fondateur des Frères-Mineurs, François, homme d'une extrême amabilité et vénéré de tous, même des infidèles ; plusieurs de nos amis, entre autres dom Rainier, prieur de Saint-Michel, et Mathieu à qui nous avions confié le gouvernement de notre diocèse, sont décidés à entrer dans ce nouvel Institut; et nous apprenons qu'il étend déjà ses rameaux par tout le monde, précisément parce qu'il est l'imitation parfaite de la vie des Apôtres et des premiers chrétiens. »
S'il en faut croire Albert de Stade, Mathieu Paris et saint Antonin, l'entrevue du saint avec le Soudan eut les conséquences les plus heureuses pour les Croisés. Mélek-el-Kamel, ayant repris Damiettedeux ans après, montra dans sa victoire une clémence inaccoutumée : il laissa aux prisonniers la liberté de retourner dans leur pays, s'occupa des chevaliers pauvres ou malades, et rendit la vraie croix enlevée par Saladin (1).
D'après une tradition immémoriale, consignée dans les principaux écrivains de l'Ordre, François, à son retour d'Egypte, visita Ptolémaïs, Antioche et Jérusalem. Selon Mariano, les religieux d'un monastère bénédictin de la Montagne-Noire, près d'Antioche, conçurent tant de vénération pour sa personne, qu'ils se rangèrent sous la règle séraphique (2).
Vers la fin de l'année 1219, il reprit le chemin de l'Europe, où le rappelaient les affaires de l'Ordre. Il
1. M. Paris, ann. 1228; — Cf. de Stade, ann. 1221; — Saint Antonin, Chron . , tit. xix, c. vin.