‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 168 sur 347 · Wadding, t. I, p · texte numérisé non relu

Wadding, t. I, p

Pendant ce temps-là, le jeune Portugais s'était rendu avec Philippe, frère lai deCastille, au Chapitre général de Notre-Dame-des-Anges (1221). Ayant été envoyé à Bologne, il vécut un an loin du regard des hommes, au fond d'une grotte solitaire du couvent de Monte-Paolo, se livrant tout entier à la mortification des sens et à la méditation des Saintes Écritures : tant le Seigneur est fidèle à son habitude de former dans le silence de la retraite les Apôtres qui doivent verser dans le monde des torrents de vie, de vérité et d'amour! Une circonstance extraordinaire mit en lumière les talents du jeune religieux. Désigné par l'évêque de Forli pour adresser aux ordinands une pieuse exhortation, Antoine développa ce texte de nos saints livres : « Le Christ s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur la croix. » Sa parole, d'abord timide, presque hésitante, devint bientôt rapide, entraînante, enflammée, majestueuse; ses traits s'illuminèrent, et son visage devint si expressif, qu'on y lisait les divers mouvements de son âme. Les assistants, surpris, hors d'eux-mêmes, croyaient entendre un écho de la voix des prophètes, et versaient des larmes de bonheur. A la nouvelle de ce succès oratoire, François tressaillit de joie; il comprit que la Providence venait de lui envoyer une intelligence d'élite, un apôtre au cœur d'or; et par ime exception qui l'honore autant que celui qui en était l'objet, il envoya aussitôt au jeune profès l'autorisation, non-seulement de prêcher, mais encore d'enseigner la plus haute des sciences, la théologie (1223). Voici sa lettre :

« A mon très cher Frère Antoine, Frère François,

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