‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 174 sur 347 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

valle. Sur sa route, il évangélisa la plupart des villes de la Lombardie, Padoue, Bergame, Brescia, Mantoue, Crémone, où, selon sa coutume, il rétablit la paix, et où il laissa après lui des maisons de son Ordre.

A Crémone, il rencontra saint Dominique ; ce fut pour les deux patriarches une des plus douces consolations que la Providence leur eût ménagées sur la terre. Ils purent conférer ensemble sur la bonté de Dieu, sur l'état florissant de leurs Ordres, sur le mouvement qui entraînait les peuples vers le Dieu du Calvaire. Un miracle termina ce suave entretien. Les religieux du monastère (c'était un couvent de Frères-Mineurs) étaient venus les prier de bénir un puits dont l'eau était trouble et insalubre. Les deux amis se regardèrent, chacun invitant l'autre à répondre. Alors Dominique dit aux Frères : « Puisez de Feau, et apportez-nous-la. » Ils allèrent en chercher dans un vase et l'apportèrent; et Dominique dit à François : « Père, bénissez cette eau au nom du Seigneur. — Non, répondit François, bénissez-la vousmême, car vous êtes le plus grand. > Cette pieuse contestation dura quelque temps entre les deux saints ; à la fin, Dominique, vaincu par l'humilité de François, fit le signe de la croix sur le vase, et ordonna qu'on versât l'eau dans le puits, dont la source fut purifiée pour toujours (1).

De Crémone, saint François se dirigea vers Bolognela-Savante. Il avait conçu une haute idée de la vertu des Bolonais, depuis que Bernard lui avait écrit :

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