CHAPITRE XII
la concorde entre concitoyens. Son habit était vil et grossier, sa personne chétive, son visage défait ; mais Dieu donnait une telle efficacité à ses paroles, qu'un grand nombre de gentilshommes, extrêmement animés les uns contre les autres, et dont la fureur avait déjà répandu beaucoup de sang, se réconcilièrent publiquement. L'affection et la vénération pour le Saint étaient si universelles et allaient si loin, que la foule courait à lui et qu'on s'estimait heureux de pouvoir seulement toucher le bord de sa robe (1). »
L'archidiacre de Spalatro raconte ensuite les merveilles opérées par notre Saint. Les Bolonais revinrent aux pratiques de la foi chrétienne; plusieurs revêtirent les livrées de la pénitence, entre autres Nicolas Pepoli, donateur du couvent de cette ville, Bonizio et deux jeunes étudiants, Pellegrino Falleroni et Rizzier de Muccia. François fit plusieurs miracles ; il rendit la vue à un enfant, en faisant sur lui un grand signe de croix ; il en guérit un autre de l'épilepsie, en lui faisant appliquer sur la poitrine un parchemin sur lequel il avait écrit une prière. Ces adolescents revêtirent plus tard la bure franciscaine.
François, après avoir pris congé du peuple bolonais, alla tout d'abord présenter ses hommages au cardinal Hugolin, envoyé comme légat enLombardie ; puis il se rendit au couvent de Sainte-Croix, occupé parles Frères-Mineurs. Quelle ne fut pas sa surprise, quand il se trouva en face d'une belle et vaste maison ! Son mécontentement augmenta encore, quand