‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 177 sur 347 · Wadding, t. I, p · texte numérisé non relu

Wadding, t. I, p

il apprit que Jean de Strachia, Provincial de la province de Bologne, y avait ouvert, sans le consulter, un cours de théologie et d'éloquence sacrée. Indigné de cette double infraction à la discipline régulière, il réprimanda vertement le coupable. « Quoi donc! s'écria-t-il, c'est là la demeure des pauvres évangéliques ! Des Frères-Mineurs logent dans ce palais ! Pour moi, je ne reconnais pas cette maison pour une des nôtres ; et ceux qui l'habitent, je ne les regarderai pas comme mes Frères. C'est pourquoi je vous commande, au nom de l'obéissance, d'en sortir au plus vite. » Les religieux lui obéirent sans répondre un mot ; les malades eux-mêmes, parmi lesquels se trouvait l'angélique Frère Léon, le narrateur de ce fait, furent transportés ailleurs. Mais le cardinal Hugolin étant survenu, finit par apaiser la colère du Saint, en lui disant : « Mon fils, n'aie point de scrupule d'accepter cette maison ; il faut pour les infirmes un peu plus d'air et d'espace ; et quant à la propriété, elle reste au donateur et à la sainte Église romaine. » Le conseil était sage ; François le suivit, et faisant taire ses répugnances, il pardonna aux infracteurs repentants, et leur permit de rentrer dans le monastère (1). Toutefois il refusa d'y passer la nuit, et alla prendre un peu de repos au couvent des Frères-Prêcheurs, afin que la leçon portât ses fruits. « Une indulgence qui favoriserait le crime, disait-il, ne serait point de l'indulgence, mais de la complicité. Je ne veux point autoriser par ma présence la faute qu'on a commise contre la sainte pauvreté. > Quant à

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