Wadding, t. I, p
2. Une inscription gravée sur la pierre, un tableau de la Galerie municipale de Gubbio, les traditions du pays, tout nous incline à croire que nous ne touchons point ici à une légende, mais à un fait historique.
trouver le loup. Il gravit la montagne sans crainte, mettant toute sa confiance en Dieu; et suivi de loin par la multitude anxieuse, il s'avança vers le repaire du loup. Troublée dans son repos, la bète fauve s'élance d'un bond, la gueule béante, vers l'homme de Dieu. Celui-ci marche à sa rencontre, fait sur elle le signe de la croix, l'appelle à lui et lui dit d'une voix vibrante : « Viens ici, frère loup, et, au nom du Christ, ne me fais aucun mal, à moi ni à personne. »
Aussitôt le loup s'arrête, ferme la gueule et vient, doux comme un agneau, se coucher aux pieds du Saint. « Frère loup, poursuit François, tu as commis de grands crimes. Tu n'as pas seulement égorgé des animaux. Tu as poussé la cruauté jusqu'à dévorer des hommes créés à l'image de Dieu. Tu mérites la mort! Tout le monde murmure contre toi, et tu es un objet d'horreur pour tous les habitants de la contrée. Mais, je le veux, frère loup, tu vas signer un traité de paix avec eux. Je sais que la faim est la seule cause de tes crimes ; promets-moi donc de mener une vie innocente; et de leur côté, les habitants te pardonneront le passé et pourvoiront désormais à ta subsistance. Y consens-tu? » Et le loup, baissant la tète, indique par ses mouvements qu'il accepte le contrat.
Alors François revint vers la ville avec le loup, qui le suivait comme un chien suit son maître. Et comme toute la population était accourue sur la place publique pour être témoin d'une scène si étrange, François, montant sur une pierre, harangua la foule en ces termes : « Mes Frères, c'est en punition de vos