‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 18 sur 347 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

croyable, et tout homme de bonne foi n'y verra avec nous que les dignes prémices d'une vie qui doit occuper tant de place dans l'histoire du treizième siècle.

Pierre Bernardone voyageait alors en France pour son commerce. A son retour, il eut une grande joie d'apprendre qu'un fils lui était né; et la Légende des trois compagnons nous dit que dès ce moment, et en souvenir du beau royaume de France, il donna au petit Jean le surnom de Francesco, François, que l'histoire a consacré. D'autres auteurs prétendent qu'il ne le lui donna que plus tard, à cause de la facilité avec laquelle l'enfant apprit notre langue, et de la grâce qu'il mit à la parler. Quel que fût son motif, « l'obscur vendeur de drap était loin de penser que ce nom de son invention serait invoqué par l'Église et porté par des rois (1). » Quant à François (c'est ainsi que nous l'appellerons désormais), il eut toujours pour la France une affection toute filiale, et notre patrie peut à bon droit se glorifier de lui comme d'un fils adoptif.

Ses premières années s'écoulèrent, calmes et tranquilles, à l'ombre du toit paternel, comme celles de l'Enfant Jésus à Nazareth. Par une secrète disposition de la Providence, Pica, à l'exemple de l'auguste Vierge Marie, a gardé dans son cœur ces premiers sourires, ces premiers bégayements, ces premiers épanchements de la vie, qui n'étaient que pour elle. Et les vieux historiens de François, si attentifs à nous dépeindre le fondateur d'Ordre, le thaumaturge

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