‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 19 sur 347 · Ozanam, les Poètes franciscains, p · texte numérisé non relu

Ozanam, les Poètes franciscains, p

et le Saint, n'ont jeté que quelques traits épars et comme au hasard sur cet intérieur de famille, sur l'enfance de notre Saint et sur le rôle qu'y joue l'épouse de Bernardone. Toutefois il nous est facile d'entrevoir, à travers leurs expressions, dans quelle atmosphère chrétienne ils nous transportent. Les trois compagnons et le poète anonyme qui chanta l'épopée franciscaine et qu'on croit être Jean de Kent, louent sans réserve la piété douce et simple de Pica(l). Seul Thomas de Celano dans sa première Légende enveloppe d'un blâme énergique l'éducation molle, sensuelle, de l'époque, sans excepter celle de François; mais dans sa seconde Légende il semble se rétracter et s'accorde à dire avec les autres biographes que si Pica entoura le berceau de son fils de toute la tendresse d'une jeune mère pour son premier-né, ses actes furent imprégnés de toute la piété d'une chrétienne qui prépare une âme pour le ciel. Il l'appelle une dame accomplie et très vertueuse (2). N'est-ce pas déclarer en termes implicites qu'envisageant la maternité comme une sorte de sacerdoce limité au foyer domestique, elle en accepta la charge aussi bien que les honneurs ? N'estce pas avouer qu'elle remplit consciencieusement les hautes obligations, qui s'imposent avec autorité à toute mère digne de ce nom et qu'aucune ne peut trahir impunément? Nourrir elle-même son fils, habituer ses lèvres à la prière, développer les heureuses

1. « Matrem honestissimam (Légende des trois compagnons, p. I,c. i.) — Mater honesta simplex et clemens.» (Poema,c. v.)

2. « Qua3 mulier, totius honestatis arnica, quoddam virtutis insigne praeferebat in moribus. » (Vita secunda, p. I. c. i.)

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