CHAPITRE XII
Gésaire, homme de grand savoir, qui redoutait les idées novatrices du Frère Elie, à la parole ardente duquel pourtant il devait sa conversion, s'approcha du saint Patriarche et lui dit : < Mon Père, j'ai pris la ferme résolution d'observer exactement jusqu'à mon dernier soupir, avec la grâce de Dieu, le saint Évangile et notre Règle. Mais j'ai une grâce à vous demander; je vous parlerai en toute simplicité. S'il arrive jamais que des Religieux transgressent la Règle, accordez-moi d'avance votre bénédiction, pour que je me sépare d'eux et que je me joigne au groupe des Religieux fervents. » A ces mots, François, rempli d'allégresse, l'embrassa, le bénit et lui dit en lui posant la main sur la tète : « Sache, ô mon fils, que ta prière est exaucée : tu es prêtre pour toute l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech. » Césaire de Spire fut, avec Aymond de Faversham et Bernard de Quintavalle (1), le plus ardent antagoniste du Frère Élie, c'est-à-dire de son relâchement et de sa mauvaise administration comme Ministre général ^1 236-1 239).