LE TIERS-ORDRE. — SON BUT ET SES DESTINÉES
Douze ans à peine s'étaient écoulés depuis la fondation de l'Ordre séraphique, et déjà les Frères- Mineurs possédaient des couvents en Italie, en Espagne, en Portugal, en France, en Allemagne et jusqu'en Palestine. La bénédiction du ciel leur avait donné grâce pour se multiplier et s'étendre en tous lieux. L'Institut des Clarisses, de trois ans plus jeune, n'était pas moins florissant que son aîné. L'exemple, la prédication, les miracles de saint François avaient remué l'Europe, réveillé la foi et imprimé un élan universel vers le cloître. De tous les rangs de la société sortaient des âmes généreuses qui, aspirant à une vie plus parfaite, cherchaient un refuge sous l'étendard de la pauvreté volontaire.
Les clercs et les simples fidèles que retenaient des liens sacrés ou les obligations de leur état, s'affligeaient de ne pouvoir prendre part à ce mouvement. « Ils venaient consulter le saint Patriarche sur les moyens de vivre chrétiennement au milieu du siècle : ils lui demandaient une règle de vie tracée de sa main, afin du marcher plus sûrement dans les voies