CHAPITRE XIII
le plus ancien de tous les Tiers-Ordres, était institué (1221). C'était le grain de sénevé qui devait bientôt devenir un grand arbre et abriter sous ses rameaux les oiseaux du ciel. Quelques mois après, le saint Patriarche rédigea pour les Tertiaires une Règle dont la législation large et simple s'adapte à toutes les positions de la vie sociale, sans distinction de temps ou de nationalité, et dont le but est de venir en aide aux âmes que des devoirs impérieux contraignent à vivre dans le inonde, de raviver en elles l'esprit du christianisme, et de les faire participer aux vertus comme aux bienfaits de la vie religieuse.
Cette Règle n'est au fond qu'une sage application des lois évangéliques, « qui ne sauraient paraitre trop dures à un chrétien (1). » Elle n'oblige point sous peine de péché, et n'a d'autre sanction que l'amour.
François commence, et avec raison, par mettre l'ordre dans ce petit royaume intérieur qu'on appelle le cœur humain; car, comment composer une société parfaite avec des éléments disparates et mauvais? Il s'occupe ensuite des devoirs de la famille, puis des prières et des pénitences qui forment l'essence du Tiers-Ordre. Les Frères et les Sœurs doivent observer les commandements de Dieu et de l'Église; se réconcilier avec leurs ennemis ; ne rien soustraire du bien d'autrui; faire leur testament dans les trois mois qui suivent leur admission définitive ; réciter chaque jour l'office de la Sainte Vierge ou celui des Pater; jeûner tous les vendredis, tout l'Avent et tout le