‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 188 sur 347 · Encyclique Auspicato, de Léon XIII, du 17 sept · texte numérisé non relu

Encyclique Auspicato, de Léon XIII, du 17 sept

Carême ; se vêtir simplement selon les bienséances de leur condition sociale ; fuir les bals, les théâtres et les festins, c'est-à-dire tout ce qui nourrit les appétits charnels, tout ce qui engendre le désordre et la licence. Le saint fondateur défend aussi par un article spécial les serments, les chicanes, les procès; et voulant à tout prix implanter la paix dans la société, il frappe un coup décisif par cette dernière clause : « Les Frères ne porteront aucune arme offensive, si ce n'est pour la défense de l'Église romaine, de la foi catholique et de leur pays. » D'un mot, il proscrit les guerres injustes, éteint la soif des vengeances personnelles, condamne les duels et les querelles; et relançant les esprits vers un bien impérissable, le droit, il apprend aux Tertiaires à confondre dans un même amour l'Église et la terre natale, la patrie céleste et la patrie terrestre, celle qui les enfante au monde et celle qui les enfante à Dieu.

Ce rapide coup d'œil sur la Règle du Tiers-Ordre ne suffit point à nous expliquer sa profonde influence ; tout au plus pourrait-on dire : « C'est un trait de génie pour ces temps malheureux. » Mais que de traits de génie sont restés à l'état de lettre morte ! Ce qui communique aux œuvres la vie et la durée, la force et la fécondité, c'est l'Église. C'est elle qui, prenant le Tiers-Ordre sous sa haute protection, lui imprima cette stabilité d'existence que ne peuvent atteindre les institutions purement humaines. Le pape Honorius III approuva de vive voix la Règle du Tiers-Ordre (1221), comme Innocent III avait approuvé celle des Frères-Mineurs. Grégoire IX, dans une lettre datée du 2 juin 1230, prit la défense des Ter-

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