‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 206 sur 347 · Barthélémy de Pise, éd. cit., c. ex · texte numérisé non relu

Barthélémy de Pise, éd. cit., c. ex

Seigneur, leur disait-il, nous a fait une insigne faveur, en nous donnant cette sainte Règle. C'est le livre de vie, l'espérance du salut, le gage de la gloire, la moelle de l'Évangile, le chemin du Calvaire, la vie de la perfection, la clef du Paradis, le nœud d'une alliance éternelle. Méditez-la sans cesse dans le secret de vos cœurs, ayez-la toujours devant les yeux pour l'observer exactement, et ne vous en séparez jamais, pas même à votre mort (1). »

Sublimes sont donc les origines de la Règle; sublimes en sont aussi les prescriptions.

Ce fut probablement dans le courant de la même année 1223 et peu de temps après la vision des miettes de pain, que le saint Patriarche d'Assise obtint du Saint-Siège qu'un Cardinal protecteur fût chargé des intérêts spirituels de l'Ordre; voici à quelle occasion et dans quelles circonstances. A la mort de l'illustre cardinal Jean de Saint-Paul, les demi-chrétiens, comme il s'en trouve à toutes les époques de l'histoire, ceux qu'effrayait la hardiesse du réformateur, relevèrent la tête, et à force d'intrigues ils réussirent à gagner à leur cause plusieurs membres de la cour pontificale. A la nouvelle de ces trames et de ces sourdes machinations, si opposées à son caractère franc et loyal, le saint fondateur éprouva une peine profonde, et il ne put s'empêcher d'exhaler ses plaintes amoureuses devant le divin Maitre. Celui-ci daigna le consoler en lui indiquant à la fois, dans un songe mystérieux, le mal et le remède. François vit durant son sommeil une poule

Page 1