‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 207 sur 347 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

noire, aux pattes de colombe (1), qui s'efforçait vainement de rassembler sous ses ailes ses nombreux poussins pour les défendre de l'attaque d'un milan ; elle ne pouvait les couvrir tous, et plusieurs, prenant leurs ébats autour d'elle, étaient en grand péril. Mais voici qu'au-dessus d'elle vint se placer un autre grand oiseau, qui protégea de ses larges ailes la poule et les poussins. A son réveil, le Saint pria naïvement Notre-Seigneur de lui expliquer le sens de cette vision , et il apprit que la poule aux pattes de colombe le représentait lui-même, que les poussins représentaient ses enfants, et que l'oiseau aux larges ailes figuraient un Cardinal protecteur, qu'il fallait demander au Souverain Pontife. Aussitôt il appela ses Frères, leur fit part de sa vision, et termina son entretien par ces mémorables paroles : « L'Église romaine est la mère de toutes les églises et la souveraine de tous les Ordres religieux. C'est à elle que je m'adresserai pour lui recommander mes Frères, afin qu'elle réprime par son autorité ceux qui voudraient leur nuire, et qu'elle assure aux enfants de Dieu une entière et pleine liberté. Quand ils seront sous sa protection, personne n'osera plus les inquiéter, et les artisans d'iniquité ne ravageront plus impunément la vigne du Seigneur. La sainte Église romaine aura du zèle pour maintenir la gloire de notre pauvreté; elle ne souffrira pas non plus que la vertu d'humilité soit obscurcie par les nuages de l'orgueil. Elle saura punir avec rigueur les auteurs des dissensions, et rendra indissolubles parmi nous les liens

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