‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 208 sur 347 · Légende des trois compagnons, c. xvi · texte numérisé non relu

Légende des trois compagnons, c. xvi

de la paix et de la charité. Sous sesyeux, l'observance de la Règle fleurira toujours, et nos pratiques religieuses répandront partout une odeur de vie (1). »

Quelque temps après, François partit pour Rome. 11 y retrouva le cardinal Hugolin, évêque d'Ostie, qui arrivait de sa légation de Florence, et s'ouvrit à lui de son dessein de le demander au Saint-Père pour Cardinal protecteur de son Ordre. Le Cardinal, après avoir favorablement accueilli sa proposition, l'exhorta vivement à prêcher devant le Pape et le Sacré- Collège, pour se concilier leurs bonnes grâces. François , malgré son humilité , dut céder aux instances réitérées du prélat. Il composa donc, sur son avis, un beau discours, et mit de longues heures à le fixer dans sa mémoire. Mais quand il fut en présence de son auguste auditoire, il oublia tout, et ne put dire un seul mot de ce qu'il avait écrit. Il avoua ingénument sa mésaventure; puis, ayant invoqué l'assistance de l'Esprit-Saint, il parla, selon sa coutume, sans recherche, mais d'une manière si persuasive et si entraînante, que ses nobles auditeurs furent dans le ravissement. « Ils connurent alors que ce n'était pas lui qui parlait, mais que c'était l'esprit de Dieu qui parlait par sa bouche (2). »

Honorius III agréa la supplique du Saint, et confia à l'évêque d'Ostie la charge de Cardinal protecteur de l'Ordre des Frères-Mineurs.

Arrêtons-nous un instant devant la majestueuse figure de ce vieillard. Le cardinal Hugolin était un

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