‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 210 sur 347 · Thomas de Celano, Vita prima, p. II, c. v · texte numérisé non relu

Thomas de Celano, Vita prima, p. II, c. v

Hugolin, chef suprême et pasteur de l'Église universelle (1). » Un jour, averti que le Cardinal venait lui rendre visite, il s'enfuit et se cacha dans l'épaisseur d'un bois. Le prélat, ayant fini par découvrir le lieu de sa retraite, lui demanda d'un ton bienveillant la raison de sa fuite. « Mon Seigneur et mon Père, répondit l'humble François, dès que j'ai su que Votre Seigneurie voulait m'honorer de sa visite, moi le plus pauvre et le dernier des hommes, j'ai été couvert de confusion, et me suis trouvé absolument indigne de recevoir un tel honneur. »

Nous ne pouvons résister au plaisir de reproduire une autre anecdote, puisée dans la seconde légende de Thomas de Celano (2) ; elle nous initie mieux que la précédente au secret des relations intimes qui unissaient ces deux personnages, et met dans tout leur jour la simplicité de l'un et la bonté de l'autre. Le Saint, invité à dîner chez le Cardinal, alla auparavant mendier par la ville quelques morceaux de pain ; puis, les déposant sur la table de son hôte, il les distribua aux convives, prélats, chevaliers et chapelains. Après le repas, le Cardinal prit à part le Bienheureux et l'embrassa en lui adressant cet aimable reproche : « Pourquoi me faire cet affront de recourir à l'aumône, lorsque ma maison est à toi et à tes Frères ? — Seigneur, répliqua François avec un doux sourire, je ne vous ai fait ni honte ni outrage; je vous ai fait, au contraire, un grand honneur en invitant chez vous Notre-Seigneur Jésus-Christ, le

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