CHAPITRE XIV
par les œuvres ; les uns donnent la prédominance aux macérations corporelles, les autres aux œuvres de charité. Or. le trait saillant de la famille franciscaine, le trait accusé par son histoire, ses querelles intestines et ses réformes, c'est évidemment l'esprit de pauvreté.
Est-ce à dire, pour cela, que saint François néglige les autres vertus fondamentales de la vie religieuse, et surtout l'obéissance? Toutes ses paroles, tous ses actes témoignent du contraire. Il n'ignorait pas que l'obéissance est la base de l'état monastique, qu'elle tient le sceptre du gouvernement, et que sans elle tout est désordre et confusion. Aussi l'exigeait-il ponctuelle, et en toutes choses. Écoutez la remarquable comparaison dont il se servait pour peindre un véritable Religieux : « Prenez un cadavre et mettez-le où il vous plaira, changez-le de position, ou laissez-le en repos : il ne fera pas entendre la moindre plainte. Placez-le sur un trône, il n'en aura pas moins les yeux fixés en terre ; jetez sur ses épaules un manteau de pourpre, il n'en paraîtra que plus pâle. Voilà l'image du religieux obéissant; il ne se met point en peine pourquoi on le change de couvent, pourquoi on lui assigne tel poste plutôt que tel autre. Si on l'élève aux dignités, il n'en demeure que plus humble. Plus on lui rend d'honneurs, plus il reconnaît son indignité (1). » — « Voulez-vous un autre terme de comparaison ? ajoutait-il. Imitez l'aveugle qui se laisse mener à travers les chemins, bons ou mauvais, par le fidèle animal qui lui sert de