‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 215 sur 347 · Mariano · texte numérisé non relu

Mariano

guide. Obéissez aveuglément, sans murmurer, sans examiner si la chose commandée est difficile ou non, n'ayant en vue que Dieu qui commande, l'autorité du supérieur qui tient sa place, et le mérite de l'obéissance. » Il avait horreur de la plus légère infraction à cette vertu ; il exécrait le murmure, et châtiait rigoureusement la révolte. Voici comment il punit un jour un Frère désobéissant : après lui avoir ôté sa robe, il le fît jeter dans une fosse et commanda de l'enterrer tout vivant. Lorsque les feuilles et le sable montèrent jusqu'à la ceinture du coupable, saint François lui dit : «Mon Frère, es-tu mort? — Oui, mon Père, répondit le religieux; je me repens de ma faute, et je reconnais que j'ai mérité la mort. — Puisque tu es véritablement mort au monde et à toi-même, comme doit l'être tout bon religieux, reprit le Saint, lève-toi et viens. Mais obéis désormais au moindre signe, et ne résiste pas plus qu'un cadavre à la volonté de tes supérieurs ; car je veux pour disciples, non des vivants, mais des morts (1). » Toujours il exige cet oubli de soi-même, cette immolation de la volonté, cet anéantissement du vieil homme, comme la base de l'édifice spirituel.

Mais si l'obéissance fait le religieux, François voulait que la pauvreté fût à jamais le cachet distinctif du Frère-Mineur; c'était là la pierre de touche à laquelle il reconnaissait les solides vocations et ses vrais disciples. Citons quelques faits à l'appui de cette assertion.

Dans les premiers temps de l'Ordre (1212), un jeune

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