‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 216 sur 347 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Milanais vint se présenter en brillant équipage à la porte du monastère de la Portioncule, et solliciter l'honneur d'être admis parmi les Pénitents d'Assise. Un religieux s'était chargé d'appuyer sa demande. En apercevant cet étalage de la vanité mondaine, François s'écria : « Quels sont ces grands seigneurs, et que me veulent-ils? — Mon Père, répondit le religieux, c'est un jeune homme très instruit et d'une riche famille de Milan, qui désire entrer dans notre Institut. — Il ne me paraît guère fait pour nous, reprit le Saint en hochant la tête. Quand on vient avec un tel faste pour embrasser une vie toute de pauvreté, c'est une preuve que le cœur n'est point encore mort au siècle. Cependant, je consulterai mes Frères à ce sujet. * Il assembla donc ses disciples et leur demanda leur avis : tous convinrent qu'il fallait renvoyer ce jeune homme. A cette décision, le postulant se mit à fondre en larmes. Alors François, touché de compassion, dit à ses compagnons : « Voulez-vous que nous l'acceptions à titre de cuisinier, s'il y consent? » Ils agréèrent cette proposition, et le jeune homme également. François, ravi de cet acte d'humilité, le serra dans ses bras, lui donna le saint habit, et l'envoya à l'hospice Saint-Biaise, à Rome, dont il ne tarda pas à lui confier la direction, à cause de ses éminentes qualités (1).

Sept ans après, écrit saint Bonaventure, un homme d'un âge mûr, de la Marche d'Ancône, lui manifesta le désir qu'il avait de se consacrer à Dieu dans son Ordre. « Mon fils, lui dit François, si tu veux te

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