‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 217 sur 347 · Wadding, t. I, p · texte numérisé non relu

Wadding, t. I, p

joindre aux pauvres de Jésus-Christ, va, vends tes biens et donnes-en le prix aux pauvres. » Le postulant s'en alla; mais au lieu de distribuer ses biens en aumônes, il les légua à sa famille. Il revint au bout de quelques jours se présenter devant le Saint. Mais celui-ci le repoussa, en lui disant d'un ton sévère : « Frère Mouche [c'était le nom qu'il donnait aux êtres inutiles), poursuis ton chemin; tu n'es pas sorti de ta maison ni de ta parenté ; tu as légué ta fortune à tes parents, et tu en as frustré les pauvres : tu ne mérites pas d'entrer dans la compagnie des pauvres de Jésus. Tu as commencé par la chair; c'est là un fondement ruineux, et tout l'édifice s'écroulera. » Il ne s'était pas trompé : cet homme s'en retourna dans sa famille, rentra en possession de ses domaines, et oublia bien vite ses projets de perfection (1).

Le saint Patriarche ne négligeait aucune occasion d'inculquer à ses fils le mépris des richesses : témoin le trait suivant, que nous empruntons au même historien, L'an 1222, pendant sa course apostolique à travers le royaume de Naples, le Saint venait de quitter la ville de Bari, lorsqu'il aperçut sur le bord de la route une énorme bourse qui paraissait gonflée de pièces d'or et d'argent. Son compagnon de voyage, l'angélique Frère Léon, lui demanda la permission de la ramasser pour la donner aux indigents. Sur le refus du séraphique Père, il poursuivit tranquillement sa route. De temps à autre cependant, il se détournait, jetait un regard furlif sur la bourse et faisait de nouvelles instances pour l'aller chercher. A la fin,

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