‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 219 sur 347 · Légende des frois compagnons, appoint., c. xlvi · texte numérisé non relu

Légende des frois compagnons, appoint., c. xlvi

Saint François allait jusqu'à préférer, en un sens, la pauvreté à la piété. L'an 1220, Pierre Caltani, alors Vicaire général, voyant le monastère de Notre- Dame-des-Anges dans une telle pénurie qu'il lui était impossible de remplir les devoirs de l'hospitalité envers les Frères étrangers, eut la pensée de mettre à profit une partie de l'or ou des vêtements qu'apportaient les novices. Mais auparavant, il voulut avoir l'avis de saint François. « Mon fils, lui dit le Bienheureux, Dieu nous garde d'un acte de piété qui serait une violation flagrante de notre Règle ! — Mais alors, mon Père, comment ferons-nous pour nourrir nos hôtes ? — Si nous étions réduits à la plus extrême nécessité, j'aimerais mieux te voir dépouiller l'autel de Marie de tous ses ornements et de toutes ses richesses, que de te voir transgresser tant soit peu notre vœu de pauvreté; et la Bienheureuse Vierge Marie elle-même, sois-en sûr, se tiendrait pour plus honorée par l'observance des conseils évangéliques que par les plus riches décorations du monde (1). »

Ne soyons point surpris de cette prédilection si marquée pour la vertu de pauvreté. Le saint fondateur ne faisait, en cela, que se conformer aux volontés de Dieu, clairement manifestées dans une vision qu'il eut dans les dernières années de sa vie, et que nous rapportons d'après saint Bonaventure.

« Un jour qu'il se rendait à Sienne avec quelquesuns de ses disciples, il rencontra dans la plaine de Compiglia trois femmes qu'on eût prises pour trois sœurs, tant elles étaient parfaitement semblables.

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