BO.VAVENT., C. VII
la source intime. Ces hommes pénitents, ces fervents disciples du Calvaire portent allègrement la croix de l'obéissance et du travail, de la souffrance et des humiliations, parce que pour eux, comme pour leur illustre fondateur, le poids disparait sous les joies de l'amour.
Peut-être certains esprits imbus des préjugés du temps, et ne comprenant ni l'excellence de la pauvreté volontaire, ni la passion de saint François pour cette vertu, trouveront-ils que nous insistons trop sur cet article. « Nous aimons l'Institut des Frères-Mineurs comme Ordre apostolique, nous diront-ils, nous ne l'aimons pas comme Ordre mendiant; la pauvreté blesse les droits de la dignité humaine, et le progrès moderne l'a condamnée. » Ce langage n'est pas nouveau; déjà Guillaume de Saint-Amour le tenait au treizième siècle, et dans le même temps aussi saint Bonaventure le réfutait dans un chef-d'œuvre qui est demeuré sans réplique, « V Apologie des Pauvres ». Au fond, c'est l'éternelle objection du monde contre l'Église, de l'égoïsme contre l'esprit de sacrifice. Puisqu'on nous la jette au visage aujourd'hui avec plus d'acrimonie que jamais, nous ne pouvons nous dispenser d'y répondre en deux mots.
« La pauvreté vous répugne ! » Mais ne savez-vous p&s que le Fils de Dieu l'a prise pour lui, et qu'en la prenant il l'a ennoblie, déifiée, béatifiée? Répudierezvous donc l'Évangile? Quand saint Bernard s'écrie : « L'amour de la pauvreté fait de nous des rois »; saint François d'Assise : « C'est elle qui vous a institués rois et héritiers du royaume des cieux »; et sainte Françoise de Chantai : « C'est un motif de gloire