‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 223 sur 347 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

d'autrui, comme Homère, comme Dante, comme le Tasse et Camoëns, comme tous ces pauvres glorieux à qui Dieu n'a donné ni toit ni repos dans ce monde, et qu'il a voulu garder à son service, errants et voyageurs, pour visiter les peuples, les délasser et souvent les instruire (1). »

Voici ce qu'écrit à son tour le comte de Montalembert : « Ce n'est pas seulement par l'aumône directe et matérielle que les moines servaient et moralisaient la société chrétienne ; c'était bien plutôt encore par l'honneur qu'ils rendaient à la pauvreté. C'est là un des principaux avantages que les Ordres religieux offrent au monde; mais c'est aussi un des côtés par lesquels ils répugnent le plus à cet esprit qui a voulu chasser Dieu de la société moderne. L'impie n'aime pas les pauvres : ils lui rappellent trop la nécessité d'une justice rémunératrice, d'un avenir où chacun sera mis à sa place pour l'éternité. Il n'aime pas qu'on s'occupe d'eux avec complaisance et sympathie, comme faisaient les moines. Il sent que la puissance du prêtre est enracinée dans les douleurs de cette vie. Il répéterait volontiers avec Barère : « L'au- « mône est une invention de la vanité sacerdotale. » Il ne l'emportera jamais sur les lois et les besoins de la nature affligée; mais, on le sait, il a trop souvent réussi à faire triompher pour un temps le fatal système qui cherche à faire de la charité une humiliation, de l'aumône un impôt, de la mendicité un crime, et où le mauvais riche, plus impitoyable que celui de l'Évangile, ne veut

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