‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 224 sur 347 · Ozaxam, les Poètes franciscains, p · texte numérisé non relu

Ozaxam, les Poètes franciscains, p

pas même tolérer Lazare sur les marches de son palais.

« C'est précisément l'inverse de ce qu'ont voulu, de ce qu'ont accompli les Ordres religieux. Il ne leur a pas suffi de soulager la pauvreté; ils l'ont honorée, consacrée, adoptée, épousée, comme ce qu'il y avait de plus grand, de plus royal ici-bas. D'abord ils lui ouvraient leurs rangs, en y plaçant dès l'origine de leur Institut les esclaves, les serfs, les derniers indigents, à côté, quelquefois au-dessus des princes et des nobles... Aux pauvres mêmes qui n'entraient pas dans ses rangs, l'Ordre monastique présentait un spectacle plus propre qu'aucun autre à les consoler, à les relever à leurs propres yeux : celui de la pauvreté et de l'humiliation volontaires des grands de la terre qui s'enrôlaient enfouie sous le froc (1). » On compte, en effet, par milliers les souverains, les ducs, les barons, et les femmes du rang le plus élevé, qui venaient ensevelir dans les cloîtres une grandeur et une puissance dont les grandeurs amoindries de notre société moderne ne sauraient donner une idée. Pourrait-on imaginer une leçon plus éloquente d'humilité et de résignation? Est-il besoin d'ajouter que les Ordres monastiques, s'inspirant des sentiments de Jésus-Christ et de son Église, ont atteint un troisième résultat, conséquence des deux premiers? Ils ont établi des rapports fraternels entre deux classes delà société jusque-là ennemies, le maître et l'esclave. Toutes les milices régulières de l'Église se sont levées les unes après les autres

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