‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 225 sur 347 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

pour obtenir ce triple résultat, si éminemment social; mais, depuis l'ère du moyen âge, aucune n'y a plus puissamment contribué que celle de saint François d'Assise.

Retournons aux annales de l'Ordre séraphique, pour y apprendre comment le Sauveur lui-même daignait quelquefois, tantôt par des secours miraculeux, tantôt par de sublimes visions, soutenir l'œuvre de son fidèle serviteur et affermir les vocations ébranlées. La vie franciscaine était si dure ! Elle était si contraire aux goûts du monde et aux appétits charnels !

Borgo San Donino, petite ville située sur la route de Plaisance à Parme, garde encore le souvenir du prodige dont le monastère des Frères-Mineurs fut témoin en l'année 1215. C'était dans ce monastère, de fondation toute récente, que les Religieux s'étaient donné rendez-vous pour saluer leur vénéré Père à son retour d'Espagne. Les convives étaient nombreux, et les vivres manquaient. Dans cet état de détresse, François jeta un regard de confiance vers le ciel; et en retour, le Seigneur, ayant égard à la foi et aux mérites de celui qui Fimplorait, suppléa par un pain miraculeux à la disette du couvent (1).

Quelques années après, nous trouvons un miracle du même genre, avec cette différence pourtant qu'il est l'œuvre des deux vénérables patriarches Dominique et François, et le fruit de leurs communes prières. Cet épisode de leur vie a trop de charme et révèle trop bien leur esprit de foi, pour que nous

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