CHAPITRE XV
Herbes et plantes qui germez clans la terre, bénissez le Seigneur !
Sources et fontaines, bénissez le Seigneur! Eaux des mers et des fleuves, bénissez le Seigneur! Poissons qui respirez sous les eaux, bénissez le Seigneur! Oiseaux du ciel, bénissez le Seigneur! Animaux domestiques et sauvages, bénissez le Seigneur!
Le Cantique du Soleil était à la fois un hymne et une prière. Le vénérable fondateur voulait que ses Frères l'apprissent et le récitassent chaque jour. Ce poème est bien court, et cependant toute l'âme du Saint, la richesse de son imagination, la hardiesse de son génie ont passé dans cette œuvre, et Ton y sent comme un souffle de ce paradis terrestre de l'Ombrie, où le ciel est si doré et la terre si chargée de fleurs.
Pour cet homme séraphique, la nature matérielle rentrait dans le plan primitif de la Providence, si douloureusement brisé par le péché. Les fleurs étaient pour lui comme le sourire de Dieu; les astres du firmament lui racontaient la gloire du Tout- Puissant. « 11 invitait les fleuves et les mers, les montagnes et les vallées, les prairies et les troupeaux de bêtes, les hommes et les anges à louer leur Créateur; et il demeurait au centre de ce concert, comme un musicien inspiré, résumant dans son âme toutes les sublimes harmonies (1). » Toutes les créatures, loin d'être un obstacle, devenaient pour lui comme autant d'échelons par lesquels il s'élevait incessamment jusqu'au trône du Très-Haut; et là où d'autres n'apercevaient que des beautés périssables, il décou-