Th. de Celaxo, Vito. •prima, p. I, c. xxix
vrait, comme d'une seconde vue, les rapports éternels entre l'ordre physique et l'ordre moral, entre les mystères de la nature et ceux de la foi. « Ses heures se passaient quelquefois à louer l'industrie des abeilles, et lui qui manquait de tout leur faisait donner en hiver du miel et du vin, afin qu'elles ne périssent pas de froid (1). »
11 aimait à proposer pour modèle à ses disciples la vigilance des alouettes. Voyant un jour une troupe de ces oiseaux, à la robe grise et cendrée comme la sienne, s'élever dans les airs en chantant, à mesure qu'ils avaient pris quelques grains sur la terre : « Considérez ces douces créatures, dit-il à ses Frères. Elles nous apprennent à rendre grâce à notre commun Père qui nous donne le pain de chaque jour, à ne manger que pour sa gloire, à mépriser la terre et à nous élever au ciel, où doit être notre conversation. » Les alouettes étaient ses oiseaux de prédilection ; il louait en elles leur détachement de la terre, comme il blâmait dans les fourmis leur zèle excessif à faire provision pour l'hiver.
Un soir, au moment où il allait prendre son repos dans son ermitage de l'Alverne, il entendit le chant d'un rossignol. Tout joyeux et vivement ému, il pria son compagnon de chanter alternativement avec l'oiseau les louanges du Très-Haut. Sur le refus du Frère Léon, qui s'excusa sur sa mauvaise voix, il se mit à répondre lui-même au chantre ailé des bois, et il continua ainsi jusqu'à une heure fort avancée de la nuit. S'étant trouvé à bout de force le premier, il