‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 236 sur 347 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

fit venir le petit oiseau sur sa main, le caressa doucement, le félicita d'avoir remporté la victoire, et dit au Frère Léon : « Donnons à manger à notre frère le rossignol, car il le mérite mieux que moi. » Le rossignol mangea quelques miettes de pain dans la main du séraphique Père, et s'envola avec sa bénédiction (1).

Après les oiseaux, le Saint chérissait d'une affection toute particulière les brebis et les agneaux, parce qu'ils lui rappelaient l'Agneau sans tache, immolé sur le Calvaire pour la rédemption des hommes. Rencontrait-il ces bètes inoffensives, lorsqu'on les menait à la boucherie, il pleurait d'attendrissement, et ne s'en allait pas qu'il ne les eût rachetées de la mort. Apercevant un jour une pauvre petite brebis quipaissaitseulette au milieu d'un troupeau de boucs, il dit à ses Frères en poussant un profond soupir : « C'est ainsi que notre doux Sauveur était au milieu des Juifs et des Pharisiens ! » Ses compagnons résolurent d'acheter la brebis ; mais ils n'avaient pas d'argent et ne possédaient rien au monde que leurs manteaux. Un marchand qui passait s'émut de leur peine, paya la brebis et la donna à François; le Saint emmena la brebis avec lui et la confia aux soins des religieuses de San-Severino (2).

« A Notre-Dame-des- Anges, on lui fit présent d'une autre brebis, qu'il accepta avec le même bonheur. Il l'avertissait de se montrer attentive à louer Dieu et à ne jamais offenser les Frères ; et celle-ci obéissait

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