‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 237 sur 347 · Th. de Celano, Vita prima, p. I, c. xxvm · texte numérisé non relu

Th. de Celano, Vita prima, p. I, c. xxvm

fidèlement aux recommandations de son maître. Dès qu'elle entendait les religieux chanter au chœur, elle accourait d'elle-même à l'église, se rendait à l'autel de la Sainte Vierge et saluait par ses bêlements la Mère du véritable Agneau. A la messe, au moment où le prêtre élève la sainte Hostie, elle ployait les genoux et inclinait la tète, comme pour inviter les fidèles à venir adorer leur Créateur et pour reprocher aux incrédules leurs irrévérences envers l'auguste sacrement de nos autels. — Pendant son séjour à Rome en 1222', François menait toujours avec lui un petit agneau. Avant de faire ses adieux à la Ville éternelle, il confia cet agneau à son illustre et pieuse amie, Giacoma de Settesoli. L'agneau se fit l'inséparable compagnon de la noble dame, la suivant à l'église, y restant et en revenant avec elle. Le matin, était-elle endormie ou moins diligente à se lever? 11 allait à son lit, la réveillait par ses bêlements, comme pour lui rappeler que l'heure était venue d'aller servir Dieu. Aussi Giacoma conservait-elle avec un amour mêlé d'admiration cet agneau merveilleux qui, de disciple de saint François, était devenu pour elle un maître en dévotion (1) . »

N'oublions pas un autre détail qui n'est petit qu'en apparence, car rien n'est petit aux yeux de la foi. Notre Bienheureux écartait d'une main délicate les vers qu'il rencontrait sur le chemin, de peur qu'ils ne fussent écrasés sous les pieds des passants. Le Psalmiste n'avait-il pas dit du Christ : « Je suis un ver, et non pas un homme ? »

Page 1