‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 238 sur 347 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Aux yeux de François, les créatures inanimées avaient un langage et un sens mystérieux. Il aimait notre sœur l'eau, parce qu'au baptême elle porte le sang de Jésus-Christ; et quand il se lavait, il cherchait un endroit où, en tombant, elle ne pût être souillée. Il révérait dans les pierres la figure de Celui qui est la pierre angulaire de l'Évangile. Il recommandait à ses Frères, lorsqu'ils coupaient le bois sur la montagne, de laisser de forts rejetons, en souvenir du Verbe incarné qui a voulu mourir pour nous sur l'arbre de la Croix. Il voulait encore qu'on cultivât en toute saison, dans le jardin du couvent, un carré de fleurs odoriférantes, en mémoire de cette fleur mystique qui est sortie de la tige de Jessé, et dont le parfum réjouit l'univers.

Un de ces mots heureux qui lui échappaient souvent, nous semble résumer toute sa pensée sur ce sujet. On se souvient avec quel respect il relevait tout lambeau d'écriture tombé dans la poussière, de peur de fouler aux pieds quelque passage qui traitât de Dieu ou des perfections divines. Comme un de ses disciples lui demandait un jour pourquoi il recueillait avec le même scrupule les écrits des païens : « Mon fils, répliqua-t-il, c'est parce que j'y trouve les lettres dont se compose le glorieux nom du Seigneur; car le bien que renferment ces écrits n'appartient pas au paganisme ni à l'humanité, mais à Dieu seul, auteur et source de tout bien 1 . « « Et, en effet, toutes les littératures sacrées et profanes sont-elles autre chose que les caractères avec lesquels Dieu écrit son nom

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