‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 241 sur 347 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

harmonieux; elles vont entourer votre berceau et chanter vos louanges. Moi seule serai privée de ces douceurs ! » Celui qui entend le moindre cri de l'aigle et du passereau, ne demeura point sourd aux plaintes amoureuses de sa servante. Claire fut soudain transportée dans l'église du Sagro Convento; était-ce en esprit ou en réalité? Elle-même ne put s'en rendre compte. Quoi qu'il en soit, ses oreilles perçurent distinctement les chants des Frères-Mineurs, ses yeux contemplèrent sur l'autel l'adorable Enfant de Bethléem, et ses lèvres reçurent le Pain de vie, caché sous la blancheur des voiles eucharistiques. Lorsque l'office fut terminé dans la chapelle de Saint- Damien, les Religieuses accoururent auprès de la malade, et lui dirent tout d'une voix : « 0 notre Mère, quelle nuit de délices ! Quels torrents de joies célestes ont passé dans nos âmes ! Que n'étiez-vous là, au milieu de vos filles ! — Cessez vos lamentations, mes chères sœurs, répondit la pieuse abbesse, et bénissez avec moi notre divin Maître, qui n'a point délaissé sa pauvre petite servante. » Et lorsqu'elle leur eut raconté l'insigne faveur dont elle avait été l'objet : « Mes sœurs, ajouta-t-elle, réjouissez-vous avec moi, et louons ensemble le Rédempteur des hommes et notre séraphique Père saint François, l'un pour m'avoir accordé cette insigne faveur, et l'autre pour me l'avoir obtenue (1). »

La dévotion à la Crèche, propagée avec ardeur par les enfants de saint François, est devenue depuis longtemps une dévotion universelle; mais nulle part

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