‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 247 sur 347 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

l'écho du grand cœur, le reflet du grand style de saint François ; rnous l'offrons à nos lecteurs comme la perle de l'écrin séraphique.

« Que le Seigneur soit ta défense, et qu'il te conserve dans son saint amour. Je te recommande d'apporter une telle fpalience dans le gouvernement de tes Frères, que si l'un d'eux pousse l'audace jusqu'à te frapper, tu reçoives ces mauvais traitements comme une grâce. Aime ceux qui te traiteront de la sorte, et propose-toi, en les aimant, de les rendre meilleurs ; mais n'espère pas les [convertir, si Dieu n'y joint sa grâce. Voici à quel signe je reconnaîtrai que tu aimes Dieu et que tu as de l'affection pour moi son serviteur et le tien : c'est qu'aucun de nos Frères, si coupable qu'il soit, ne sorte d'auprès de toi sans avoir ressenti les effets de ta bonté. Et s'il ne demande pas pardon de sa faute, préviens-le, et offre-lui sa grâce; et, se présentât-il mille fois devant tes yeux, témoigne-lui toujours plus d'affection qu'à moi-même, pour le ramener dans la bonne voie. Et que les autres Frères ne lui jettent point sa faute au visage, et qu'ils ne la publient point sur les toits ; mais qu'ils la tiennent secrète, et qu'ils couvrent leur frère du manteau de la charité. Car ce n'est pas à ceux qui sont en santé qu'il faut un médecin, mais à ceux qui sont malades. Fais ce que je t'ai mandé. Adieu (1). t>

Après avoir lu ces pages, on se demande si une mère elle-même peut avoir pour ses enfants plus d'amour, plus de délicatesse. C'est ainsi que le doux

1, Œuvres de saint François d'Assise, p. I, ép. vin.

François d'Assise mettait le premier en pratique ce conseil qu'il a consigné dans le chapitre quatrième de sa Règle : « Si une mère nourrit et aime son fils selon la chair, avec combien plus d'affection ne doitil pas aimer et nourrir son frère selon l'esprit? j

Et parce que le propre de la sainteté est de haïr pleinement le mal, aussi bien que d'aimer parfaitement le bien, il prononçait contre les violateurs de la Règle, rebelles et impénitents, cette terrible malédiction : « Père très saint, qu'ils soient maudits de vous, de toute la cour céleste et de moi votre tout petit serviteur, ceux qui par leurs scandales travaillent à démolir cet édifice que vous avez élevé de vos mains et que vous ne cesserez de soutenir par le ministère des Religieux exemplaires! (1) »

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